Saisons érotiques
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La note d'intention du projet
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Auteur:  Whitedahlia [ Jeu 19 Nov 2009 22:28 ]
Sujet du message:  La note d'intention du projet

NOTE D'INTENTION
Saisons érotiques est un projet qui demande, de par sa nature, une explication argumentée. Ce livre de 365 histoires érotiques illustrées prend sa source dans un développement simple mais nécessaire.
Nous avons souhaité en quelques paragraphes vous commenter le projet.

LES SAISONS

La nature fascine. Et plus encore, dans notre cas, les saisons. Hormis la caractéristique météorologique du terme, c'est aux allégories et aux métaphores auxquelles on se réfère quand on évoque ce mot qui prend ses racines dans une notion de semence(1). Les grecs antiques avaient su traduire les quatre costumes de la nature par le mythe de Perséphone aux Enfers associant sa vie de couple aux saisons. De la même facon, le projet veut montrer que nos pratiques sexuelles sont influencées par la nature au cours de ces 365 jours.

Les saisons ont un pouvoir énorme sur l'homme. Elles tuent au plus fort des chaleurs et des gelées, mais aussi elles dénudent. Les arbres en automne, les hommes en été. Elles rhabillent également, les végétaux endormis retrouvent leur vigueur au plus fort du printemps et l’homme se couvre quand il fait froid. C'est là tout le charme des saisons, elles rappellent à l'homme qu'il n'est qu'un animal qu’elles influencent toute une vie.
Elles font partie de notre quotidien et dans l’inconscient collectif nous associons tout naturellement des rouges aux feuilles d’automne ; des verts au printemps, des bleus au ciel d’été et du blanc à l’hiver. Il était intéressant d’établir un glossaire graphique des saisons qui nous a permis de construire une imagerie riche. Mucha (2), par exemple, a su dans ses affiches donner aux saisons un corps sensuel. Ainsi ses muses se voient confrontées aux événements tels que le froid, la floraison, la chaleur et les vendanges.

Nos ancêtres avaient donc bien compris que nos corps réagissaient aux rythmes de la nature et que tel tout animal, elle nous poussait à nous accoupler pour la survie de l’espèce. Dans certaines cultures, l’accouplement est un rite fêté. Chez nous cette pratique semble avoir été longtemps brimée. Serait-ce la religion judéo-chrétienne qui aurait transformé ce dieu cerf en dieu cornu puis en diable ? La religion a force d’interdits aurait-elle inventé l’érotisme ?

L’ÉROTISME

Il est difficile de négliger la notion d’Eros personnifié quand on évoque l’érotisme. Ce terme court qui nous vient du grec désigne en premier lieu « l’amour ». Que les grecs aient eu un mot pour différencier l’amour charnel de l’amour de cœur nous en dit long sur cette notion sulfureuse. Il est communément admis que l’Eros, et donc l’érotisme, ne désigne pas non plus la pure sexualité. Nous garderons une définition plus floue qui donne à érotisme le sens du jeu psychologique lié à l’attrait des corps et du cœur. Dans l’érotisme, la seule ligne de conduite est celle très personnelle que l’on s’impose par le phantasme, les non-dits la suggestion et l’imagination.

Les suggestions visuelles et textuelles sont au centre de ce projet érotique. Car l’érotisme, face à la pornographie jouit d’un charme flou. Ce que la pornographie livre en finalité, l’érotisme ne fera que le contourner, le picorer et en récupèrera toute l’essence qui fera le point central d’une bonne scène érotique.

Le jeu du caché-montré et les implications imaginatives de la notion ont donc été très naturellement employées dans des œuvres visuelles ou écrites. Il y a dans l’escarpolette de Fragonard (3) un ravissement tout rococo, où le pied dénudé est vu comme un symbole sexuel incroyable pour l’époque. Et de quelles fesses magnifiques, David n’a-t-il pas doté ses soldats romains dans les Sabines ?(4) Nous voyons ici des représentations de thèmes classiques mais qu’en-est-il des représentations religieuses ? Plus haut nous avons soulignés du fait que ce diable chrétien était, historiquement, porteur d’une licence de reproducteur acharné. Et il semble certain maintenant que l’érotisme n’existerait pas sans la présence religieuse de l’interdit.

Et quel bonheur de pouvoir le transgresser. Si la religion condamne le plaisir de la chair, elle développe également, bien malgré elle, une propension à la transgression et à la représentation des tabous. Quand les images religieuses sont à double sens, c’est bien d’érotisme pur dont on peut parler. L’extase de Ste Thérèse (5) ou la communion mystique de Ste Catherine de Sienne (6) s’agenouillent dans cette double vision ecclésiastique et érotique. Car oui, le jugement moral est une part très importante de l’érotisme. Ne s’étonne-t-on pas nous même de la violence de nos pensées quand on évoque le corps des autres, masculin ou féminin ? C’est bien là toute la force du fantasme qui est sollicité face à certaines œuvres. Quel enfant n’est-il pas émoustillé quand il tombe sur des écrits ou des visuels interdits ? Il y a là une part de délice à être confronté à quelque chose que l’on sait ne devoir regarder et qui pourtant parle à nos pulsions et à notre corps.

LE PROJET

Le moment de nos premiers émois… Essayer de déchiffrer à travers les expressions de plaisir, l’émotion que ces protagonistes lubriques peuvent ressentir. Mais bien avant cette première intrusion dans le monde des adultes, les contes que l’on nous narre sont déjà plein de symboles sexuels, préparant nos futurs jeux érotiques. Que se passe-t-il vraiment dans la fameuse chambre de Barbe bleue. Et cette intrusion du prince dans le lit de la belle au bois dormant pour la réveiller entre autre d’un baiser… Bruno Bettelheim dans « Psychanalyse des contes de fées »(7) met à jour tous les symboles et les tabous cachés dans les contes.
Et pour prouver une fois de plus que ces récits sont un terreau fertile à l’érotisme, on fera mention de la vision évidentes du chaperon rouge de Tex Avery (8) et de l’esprit fétichiste et extrême qu’Anne Rice développe dans sa « Belle au bois dormant ».(9)

Dans les livres de nos enfances il y a aussi ces ouvrages comme « 365 histoires avant de dormir ». Une histoire par jour : l’idée de base de notre projet. 365 histoires érotiques pour émoustiller ses sens, découvrir de nouvelles pratiques sexuelles, jeter un regard voyeur sur un moment d’intimité de quelques inconnus. Ces histoires accompagnent le rythme des saisons, jour après jour, telles des saisons érotiques.

Nous voulions prendre en compte l’évolution de l’humanité qui a également engendré une évolution des techniques et des pratiques. On ne peut dresser un portrait de l’érotisme actuel en passant sous silence les nouvelles relations virtuelles motivées par un désir inconnu. Cette génération qui s’exprime par la fenêtre internet peut assouvir ses pulsions voyeuristes et fantaisistes de manière libre et anonyme.

C’est pourquoi ce projet ne pouvait exister sans médium virtuel. Une étape de collecte de textes sur la base d’un forum était le meilleur moyen de retrouver cette liberté et cette diversité inhérentes à un développement contemporain.


Nous en avons conclu que textes et visuels étaient les meilleurs vecteurs de l’érotisme et de l’imagination et par là-même une alliance forte peu exploitée dans ce domaine.
Amoureux de l’édition, nous n’envisagions pas le projet sous une autre forme. Quel plus bel objet qu’un livre permet cette immersion intime qui stimule et développe l’imagination au cours des saisons ?

Si nous sommes réceptifs aux saisons érotiques, c’est parce qu’elles sont profondément humaines.


Sources:
(1) Lu: Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales - http://www.cnrtl.fr
(2) Les quatres saisons - Lithographies couleur - Alfons Maria Mucha - 1896
(3) L’escarpolette, Jean Honoré Fragonard, 1767, the Wallace collection, Londres
(4) Les Sabines, Jacques Louis David, 1799, Musée du Louvre, Paris
(5) Extase de Ste Thérèse de Gian Lorenzo Bernini, 1647-1652, Eglise Santa Maria della Vittoria, Rome
(6) La communion mystique de Ste Catherine de sienne, Léon François Benouville, vers 1840, musée du Louvre, Paris
(7) Psychanalyse des contes de fées, The use of enchantments, Bruno Bettelheim, Ed. Robert Laffont, 1976
(8) Le petit chaperon rouge, Tex Avery, MGM, 1955
(9) Les infortunes de la belle au bois dormant, The Claiming of Sleeping Beauty, Anne Rice, 3 Tomes, Initiation, punition, libération, 1983-1984




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